L’iPad n’apportera rien à l’amateur de BD !
Présenté depuis aujourd’hui au public, l’iPad était depuis quelque mois l’objet de toutes les rumeurs, toutes les convoitises, de tous les espoirs, et ce y compris au sein du petit monde de la bande-dessinée.
Pourtant ces espoirs sont clairement déçus, mais faut-il s’en étonner ? Apple décline ici ni plus, ni moins que la même politique liée à l’iPhone, un objet design mais pas aussi puissant qu’il pourrait l’être et complètement verrouillé par un système d’exploitation propriétaire.
Du point de vue de la bande-dessinée, aucune innovation particulière n’est à attendre, nous allons assister à un simple portage du contenu actuel proposé pour iPhone par toutes les compagnies du marché vers l’iPad, toujours les même difficultés à convertir du contenu vers un format lisible par le terminal numérique (iPhone, iTouch ou iPad), le même circuit de distribution fermé et monopolaire, la même commission empochée par Apple sur le prix de vente (30% du prix de vente final) et le même contrôle du contenu puritain (notamment en ce qui concerne la nudité – on est pas près de voir du Manara sur iPad !).
Ajoutons à cela l’impossibilité pour le Safari de l’iPad de lire du Flash (on ne pourra donc pas lire les créations de Balak ou de Moon), aucune connectique autre que le Dock propriétaire similaire aux iPods et iPhones (pas d’USB, ne pensez même pas à prêter un livre ou un BD, ou à en offrir sans passer par l’iBook Store nouvellement inauguré) ou encore une connexion internet 3G optionnelle (avec des forfait datas limités ou non) alors que même l’iPhone est passé à la 3GS, évidemment plus performante.
Coté confort de lecture, on ne pourra pas nier l’ergonomie du multitouch, certes, mais l’écran rétro-éclairé n’est certainement pas le moins fatigant pour les yeux surtout en comparaison avec les ebooks à encre électronique, qui ne nécessitent pas, eux, de rétroéclairage.
D’un point de vue créatif, c’est également peu encourageant, la présence du multitouch et de l’accéléromètre (qui permet aux iPhone et iPads d’ajuster l’orientation de l’affichage de l’écran en fonction de la position de l’objet) pourrait permettre de rêver à des narrations différentes, à des progressions autres, à des effets inédits, mais les auteurs auront-ils accès facilement à ces fonctions pour les modeler facilement ? De plus, lors d’un tour d’horizon sur Facebook et Twitter, j’ai bien remarqué une certaine déception chez certains dessinateurs de comics ou de webcomics, qui espéraient clairement un prolongement de l’App Brushes et la présence d’un stylet adjoint à l’iPad pour permettre une nouvelle forme de création (et pourquoi pas imaginer une forme de dédicace virtuelle des bandes-dessinées ?).
Bref, en un mot comme en cent, il me semble acquis que l’iPad n’est pas la révolution attendue et qu’il faudra reporter nos espoirs vers des versions futures du produit ou vers la concurrence. Mais peut-être que le temps me donnera tort, et que l’effet de mode générera des usages différents, des consommations différentes, qu’en pensez-vous ?

En fait j’ai l’impression que l’iPad n’aidera pas l’auteur de BD mais pas qu’il n’apportera rien à l’amateur de BD. Je m’imagine déjà lire de la BD dessus mais il est vrai que le système verrouillé enlève une partie du potentiel natif, que je pense combler avec une appli spécifique et des sites web, comme je le fais avec l’iPhone.
L’iPad et l’iPhone ne peuvent pas avoir de stylet, car leur surface tactile fonctionne sur une détection de la chaleur. Les doigts émettent de la chaleur, alors ça marche, cependant un stylet (ou un ongle de doigt c’est pareil) n’aura aucun effet.
JMG, ça ne fonctionne pas avec la détection de chaleur mais avec un transfert de charge, il existe donc des stylets spécifiques et même des gants avec des sortes de petits boutons au bout pour utiliser son iPhone.